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Si elle veut garder l'anonymat, c'est surtout afin de préserver celui des personnes qui se confient à elle.

Depuis un mois, cette Bretonne, dont la formation d'éducatrice spécialisée s'est achevée voilà quatre ans, a décidé de porter au grand jour son combat personnel contre le sexisme dans le travail social.

Grâce à un compte Instagram, la voilà en quelques semaines submergée de messages venus de toute la France.

Une preuve pour elle que cette question n'est pas à négliger.

 

La deuxième femme de la Commune de Paris était Bretonne. Plus de 150 ans plus tard, on se souvient de Louise Michel, passée à la postérité ; beaucoup moins de Nathalie Lemel, née à Brest en 1826.

Pourtant, Michelle Brieuc la décrit dans le livre qu'elle lui consacre comme une « figure mythique du socialisme révolutionnaire [qui] a marqué l'histoire de la France » durant les 72 jours que dura cet épisode.

Bretonne elle-même, l'autrice-conférencière veut aujourd'hui permettre à Nathalie Lemel de « retrouver une petite place là où elle a travaillé ses idées » et où est née sa colère contre une société inégalitaire.

Actrice principale d'une période de l'Histoire où pour la première fois les femmes ont joué un rôle considérable, elle connaîtra la prison et même le bagne mais gardera intacte « ses convictions et sa rébellion ».

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 « J'ai aimé écrire à partir du moment où j'ai su écrire ; la cuisine, c'est pareil, c'est là depuis toujours ».

Déborah Ribeiro aurait eu du mal à choisir entre ses deux passions ; alors, elle a trouvé un moyen original de les combiner. Avec Papilles et Papiers, elle met à l’œuvre avec efficacité ce qu'elle aime et ce qu'elle sait faire : derrière les fourneaux avant le repas et sur scène pendant que les convives dégustent sa cuisine métissée.

Une façon pour elle, de lutter contre ce qu'elle déteste le plus : la monotonie.

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Avec ses tatouages, on se sent plus fort.e !

Pour Marie Charuel, ils représentent un « outil d'estime de soi » et viennent aider à dépasser les cicatrices physiques comme les cicatrices émotionnelles.

Loin de l'image véhiculée longtemps par ces dessins sur la peau, celle de gros durs plus ou moins membres d'un gang, les tatouages ont aujourd'hui trouvé une fonction réparatrice.

C'est en tout cas la conviction de l'association les Marie-Rose, à Rennes, qui propose ainsi à des personnes en souffrance de se réapproprier leur corps.

 

Emily Busby est une jeune Américaine de 18 ans qui termine une année de scolarité à Rennes. Elève à l'Ecole Américaine SYA, elle devait au cours de ce dernier trimestre rédiger un article qu'elle présentera la semaine prochaine à l'oral, quelques jours avant de quitter la France puis de se lancer dans des études de biologie en Virginie à l'automne prochain. Son projet : devenir pédiatre.

Emily a choisi de s'intéresser à des femmes bretonnes créatrices de leurs propres entreprises. Parce qu'elle-même, avec ses deux sœurs de 13 et 16 ans, a profité du confinement pour créer en 2020 une petite structure de fabrication et vente de bijoux, le monde de l'entrepreneuriat la fascine.

Elle a fait appel à Breizh Femmes pour entrer en contact avec quelques cheffes d'entreprises locales ; elle a par ailleurs découvert le réseau Femmes de Bretagne et espère qu'il en existe de semblables aux Etats-Unis.

Séduites par son enthousiasme et sa fraîcheur, nous avons accepté de publier son travail dans lequel nous retrouvons Magali et Fatimata, déjà mises à l'honneur sur notre site, mais aussi Tiphaine du Morbihan.

Au moment de quitter la Bretagne, Emily sait déjà que cette expérience lui aura beaucoup apporté, tant sur le plan scolaire que sur le plan personnel. Elle a, dit-elle, découvert beaucoup de choses sur elle-même, appris à vivre en autonomie par rapport à sa famille et se sent prête pour l'université. Elle a aimé la cuisine française et la qualité de vie qu'offre la ville de Rennes et regrettera sa famille rennaise d'adoption ! Nous lui souhaitons bon retour chez elle, près de la ville de Charlotte dans sa Caroline du Nord natale.

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La force féminine : les créatrices bretonnes

 

Au niveau mondial, les femmes prennent en main leur destin en créant leurs propres entreprises. En Bretagne, ces femmes fortes franchissent le pas pour devenir entrepreneures, permettant à leur carrière de refléter leurs vraies passions.

Inspirée par leur courage, leur persévérance, et leur créativité, j'ai décidé de rencontrer plusieurs créatrices d'entreprises en Bretagne qui ont pris ce risque et ont réussi dans leurs efforts. Lisez la suite pour découvrir ce qui les rend (elles et leurs entreprises) extraordinaires.


Depuis un peu moins de deux ans, Tiphaine Turluche répond de façon écologique à l'engouement du public pour les fleurs coupées. Son entreprise, Les Bottes d'Anémone, est une conciergerie florale 2.0 qui met l'accent sur la réduction de l'empreinte carbone. Basée à Vannes, Les Bottes d'Anémone proposent des bouquets zéro déchet. Comment fait-elle ? En enveloppant les fleurs dans du papier kraft, en utilisant des tampons d'encre végétale, des étiquettes en fibre de canne, de la ficelle naturelle et, bien sûr, des cartes en papier ensemencé pour que l'acheteur puisse semer ses propres fleurs.

Le nom de l'entreprise, comme tous les autres aspects de la compagnie, est bien pensé et incroyablement créatif. Les bottes représentent les bottes que l'on porte pour la voile (une des passions de Tiphaine), sous la pluie bretonne ou pour s'occuper des fleurs. Poursuivant son amour pour la voile, on arrive à Anémone, un animal de la mer, mais aussi une fleur qui pousse en Bretagne.

Ce qui est le plus important dans l'initiative de Tiphaine, c'est son engagement envers l'éco-responsabilité. En plus de créer des boutiques zéro déchet, Tiphaine fait le choix des fleurs françaises ; une façon de faire baisser les statistiques, puisqu’en France, neuf fleurs sur dix sont importées. Elle s'approvisionne auprès de producteurs de Bretagne ou du Périgord qui ont pris l'engagement d'éviter les produits chimiques.

Et pour couronner le tout, Les Bottes d'Anémone respectent la saisonnalité ; vendre des fleurs hors saison irait à l'encontre de la préoccupation de Tiphaine pour les questions environnementales.


Tiphaine a gracieusement partagé son top 5 des conseils pour les jeunes femmes entrepreneures qui débutent leur parcours. Tout d'abord, croire en son projet...et ne pas avoir peur si vos proches n'y croient pas au début. Ensuite, s’entourer de personnes qui peuvent vous soutenir quand vous en avez le plus besoin. Puis, être dans les réseaux entrepreneuriaux ! Le réseautage est une compétence importante qui peut vous mener loin. Après, ne restez pas seules ; trouvez des modèles qui peuvent vous guider. Et enfin, ne cessez jamais de travailler pour mieux vous connaître. C'est un privilège d'être sa propre cheffe, alors profitez-en!

Et maintenant... quel avenir pour Tiphaine et Les Bottes d'Anémone? A cette question, la réponse a été impressionnante et approfondie. La saison des mariages s'annonce bien remplie pour Tiphaine ! Ensuite, elle espère avoir le temps de calculer son impact ; un bilan social et environnemental qui pourrait sensibiliser ses clients et montrer que chacun et chacune peut participer par ses choix à l'amélioration de l'environnement.


C'est un duo mère/fille pas comme les autres que l'on trouve derrière l'entreprise Ibahis. Leur produit ? Une boisson rafraîchissante à l'hibiscus qui est non seulement une délicieuse spécialité africaine mais surtout une tradition familiale que les deux femmes qui forment cette belle équipe ont voulu partager avec la communauté rennaise. Fatimata Hamey a pris le temps de me raconter son histoire inspirante, les moments forts et les difficultés.

Bien qu'ayant connu des débuts difficiles en raison de la crise sanitaire, l'entreprise est désormais en pleine forme. Les Rennais peuvent facilement trouver la boisson dans de nombreux magasins d'alimentation locaux.

Fatimata Hamey et sa fille, Rabaha Cosson Warou, mettent toutes deux l'accent sur deux axes au fondement de leur entreprise : leur action en faveur des femmes du Niger qui sortent de la pauvreté grâce à la culture des fleurs d'hibiscus ; les “besoins d’évolution de notre génération : commerce équitable, développement durable, alimentation saine, innovation.” Ce qui plaît le plus à Fatimata dans le fait de démarrer sa propre entreprise, ce sont les relations qu’elle peut cultiver avec ses clients. Pour elle, c’est une vraie joie de proposer aux gens cette boisson qui lui rappelle son enfance et sa famille et signifie tant pour elle personnellement. Avoir l'opportunité de la partager avec la population rennaise et ainsi de se rapprocher des gens a été une partie essentielle de son expérience entrepreneuriale.

Lorsqu'on lui demande quel est le slogan de l'entreprise, Fatimata répond avec confiance : "Tout pour IBAHIS - la boisson qui rassemble.” De plus, être sa propre patronne, prendre en charge sa propre entreprise, est un aspect que Fatimata apprécie dans la gestion d’Ibahis.

Le conseil de Fatimata aux jeunes filles qui souhaitent se frayer leur propre chemin dans le monde de l'entrepreneuriat est, tout simplement : croyez en votre produit et en votre projet, faites ce que vous aimez, ce qui vous passionne ; vous travaillerez beaucoup, tôt le matin et tard le soir, les journées seront longues, mais aimez ce que vous faites… et croyez vraiment que ce que vous créez rend le monde meilleur. Elle pense que “cette transmission de savoir-faire est une belle façon de remercier et de rendre hommage à [sa] mère et à toute [sa] communauté d’origine (africaine).”


Quiconque rencontre Magali Guirriec est immédiatement enchanté par son charme, son énergie et son enthousiasme. Portée par sa détermination et sa passion pour les relations intergénérationnelles, l'entreprise de Magali, Yenea, s'est imposée à Rennes et même dans toute la région. Interrogée sur ses démarches, Magali déclare que ce n'est pas par hasard qu'elle se retrouve là où elle est maintenant.

Dotée d'une personnalité avant-gardiste, elle a toujours été douée pour la construction de projets. Après plusieurs ruptures économiques, ses compétences lui ont permis de devenir indépendante professionnellement.

Yenea - génération en grec - a été créée en décembre 2018. L'objectif de l'entreprise de Magali est de lutter contre les discriminations auxquelles sont confrontés de nombreux jeunes ou seniors. Privilégiant le travail collectif intergénérationnel, Yenea accompagne les salariés en début ou en fin de carrière professionnelle. L’entreprise crée un lien ou une connexion entre les deux groupes d'âge, afin qu'ils puissent apprendre les uns des autres.

Selon Magali, 30 ans est l'âge privilégié pour se lancer dans l'aventure entrepreneuriale. A ce stade de la vie, pense-t-elle, on est encore jeune et capable de réseauter pour créer sa boîte. En termes de conseils concrets, Magali recommande de constituer un réseau et une complicité avec ses clients.

Les créatrices d'entreprises doivent aussi avoir une capacité de gratitude et de réciprocité ; il faut savoir remercier les personnes qui soutiennent. De plus, elle souligne l'importance de se ménager physiquement et mentalement. Lorsque vous travaillez pour vous-même, la santé doit passer avant tout ! Vous devez d'abord prendre soin de vous avant de vous occuper de votre entreprise. Ce que Magali met en avant : « l'axe de différenciation » (le positionnement). Qu'est-ce qui vous distingue des autres entreprises de votre secteur ? En quoi êtes-vous unique, différente, spéciale ? Enfin - un conseil pratique - jetez un œil à Yao, une association rennaise qui soutient les jeunes entrepreneur.e.s.

Emily Busby

 

« Le théâtre, l'écriture, la famille... tout ça se tisse » résume Agnès Genêt quand elle veut évoquer son parcours de vie.

Ancienne comédienne devenue art-thérapeute, elle est en cours d'écriture de son troisième roman et suit une formation pour renforcer sa pratique professionnelle.

Femme de mots, elle voit l'écriture comme une « hygiène de vie au quotidien » et offre à ses patient.e.s la possibilité de se créer une « bulle » pour faire jaillir leur créativité dans des productions éphémères centrées d'abord sur « le plaisir et la satisfaction ».

Ou comment les mots peuvent permettre d'aller mieux.

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Contribution

DSCN8131Emily Busby est une jeune Américaine de l'école SYA de Rennes.

Pour sa fin de scolarité elle devait rendre un travail en français et a choisi de rencontrer des femmes créatrices d'entreprises.

Breizh Femmes a accepté de publier son article.


Retrouver Les femmes extraordinaires d'Emily : ici !