Il s'en est passé des choses dans la vie d'Ariel depuis notre précédente rencontre.

Souvenons-nous, la jeune Lorientaise se battait contre un cancer du sein qu'elle exorcisait avec humour sur son blog dédié.

Les années ont passé, le cancer aussi et Ariel (nom d'emprunt pour Internet) est redevenue Maïlys même si on la connaît le plus souvent sous le nouveau pseudonyme de Bretonne, une jeune maman passionnée de sa région dont le combat est désormais de rendre visible la langue et la culture bretonnes sur les médias prisés par les jeunes générations que sont Youtube et Instagram.

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Dans une des archives télévisées présentées dans le documentaire, on voit Bernard Pivot buter sur le mot « agricultrice » ; « ça va mieux avec agriculteur » se croit-il obligé de préciser à l'adresse d'une jeune femme venue défendre la cause de ses consoeurs paysannes.

On est en 1982 ; tout est dit. Les femmes ont tardé et souffert pour s'imposer dans le monde agricole français.

C'est cette histoire de luttes et d'espoirs que Delphine Prunault a voulu montrer dans « Moi, agricultrice », film réalisé autour de témoignages des pionnières de la lutte, militantes des années 60/80, et de leurs héritières du 21ème siècle.

Des femmes déterminées rencontrées très largement en Bretagne et dans les Pays de la Loire, des terres certes agricoles, mais aussi lieux du combat syndical.

 

Le prochain grand rendez-vous de l'association Un Monde qui s'accorde est prévu à Rennes en avril sous le titre, mélange de lingala et de breton, « Zinga Bro », en français « lier les pays ».

Et Amandine Greneche, à l'origine de ce projet, n'en revient toujours pas. Le « collectif informel » créé avec deux copines en 2018, pour préserver et valoriser les cultures traditionnelles orales en Bretagne et en Afrique, a pris une ampleur inespérée ; elle se réjouit aujourd'hui de voir cet engagement bénévole rejoindre ses ambitions professionnelles.

« L'asso couvre mon projet professionnel et ma passion aussi ; en plus, elle me permet de voyager et de constituer des archives pour mon mémoire de Master 2, donc, c'est tout bon ! » s'enthousiasme-t-elle.

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Appel à témoignages

 

Pour Chloé Nicolas, c'est un préalable : le sexisme existe dans le monde médical « comme ailleurs dans la vie de tous les jours ». La jeune Bretonne, interne en médecine générale au CHU d'Angers, en a fait l'objet de la thèse qu'elle vient de commencer. Ses recherches doivent porter précisément sur l'impact de ces violences dans les parcours de soin des patientes du grand Ouest, c'est-à-dire la Bretagne, la Normandie et les Pays de la Loire. Et ce, toutes spécialités confondues et envers les femmes de tous les âges.

Pour elle, le fait que des femmes de plus en plus nombreuses exercent la médecine ne change pas forcément la situation. D'autant plus estime-t-elle que la majorité de ces femmes exercent en médecine générale et que encore très peu d'entre elles se retrouvent « dans les hautes sphères hospitalières ». Par ailleurs, pense-t-elle, le sexisme fait plus ou moins partie de l'éducation et « certaines femmes peuvent reproduire des comportements qu'on leur a enseignés » mais toutefois, « dans les faits, c'est beaucoup moins fréquent que chez les hommes ».

chloenicolasAttitudes, comportements, langage... peu importe la forme que prend ce sexisme médical, ce qui intéresse Chloé Nicolas c'est ce qu'il induit pour la santé des femmes. «  Les faits ne sont pas la priorité – explique-t-elle - il ne s'agit pas d'analyser le sexisme en lui-même, mais vraiment les conséquences » D'ailleurs ce qu'elle attend des femmes avec lesquelles elle compte s'entretenir c'est bien leur ressenti plus que les faits eux-mêmes. « La définition du sexisme est assez large – précise-t-elle – ce qui m'intéresse c'est les situations où les femmes se sont senties heurtées en tant que femmes ».

Des travaux sur les violences en particulier les violences gynécologiques existent déjà. Ce que cible Chloé Nicolas c'est « tous les types de soins et tous les types de comportements sexistes, pas que les violences, pas que les consultations gynécologiques ». Pour mener à bien ses recherches, la jeune femme lance un appel à témoignage à travers les trois régions qu'elle a identifiées. Les entretiens se feront plus la plupart à distance, en vidéo, ce qu'elle apprécie car dit-elle « ça permet de ne pas porter de masque et c'est mieux pour la communication non verbale ». Les données seront anonymisées.

Si vous êtes intéressée par ce projet, vous pouvez la contacter directement par mail à l'adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.. et bien sûr, en parler autour de vous !

 

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Le salon de thé de la rue Vasselot où elle donne ses rendez-vous est pour Patricia Godard un endroit symbolique.

C'est là, dit-elle, qu'elle a souvent rencontré Colette Cosnier, décédée en janvier 2016. Tout juste cinq ans ; le temps qu'il aura fallu pour écrire la biographie de la professeure d'université elle-même autrice de tant de biographies de femmes oubliées.

Son féminisme, traduit « en toutes lettres » dans son enseignement et ses écrits, permet aujourd'hui à Patricia Godard de se sentir maillon d'une chaine de femmes engagées. Une façon pour elle de rendre hommage à cette « rennaise discrète » dont elle a fait son modèle.

 

L'association est toute récente et prépare son premier événement.

Dans quelques semaines, Concarneau dans le Finistère sera le cadre d'un nouveau salon auquel les Breton.nes devront peut-être s'habituer car il est question de le reproduire dans les autres départements de la région.

Les 19 et 20 février, grâce à Femmes Avant Toutes, seront abordées de nombreuses questions en lien avec les femmes (violences, santé, emploi).

 

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