vitreenne

Les filles apportent leur joie de jouer sur le terrain de foot.

Pierrick Morin, responsable du football club la Vitréenne en a témoigné lors de la Biennale de l'égalité à Lorient.

Depuis la création d'une section féminine, c'est tout le club qui a trouvé un nouveau dynamisme - et de nouveaux sponsors -  mais il a fallu se battre !

Témoignage.

 

 

« La section de foot féminin de Vitré est partie de rien il y a deux ans. Aujourd'hui, il y a 85 filles dans sept équipes depuis les toutes petites jusqu'aux seniors. On a été immédiatement labellisé avec le soutien de la ligue de Bretagne comme école de foot féminine avant même les garçons. Il y a tout de suite eu autour des filles une organisation plus rationnelle ; on a cassé les modes de fonctionnement qu'on avait avec les garçons. Comme on partait de rien, ça nous a permis d'avancer plus vite sur les nouveaux projets.

L'idée est partie d'un entraîneur qui avait envie de travailler autrement sur le foot et d'une demande de quelques jeunes filles qui devaient faire 30 ou 40 kilomètres pour pouvoir continuer à jouer en seniors. On s'est rendu compte que beaucoup de petites filles commençaient le foot dans les petites communes mais étaient obligées d'arrêter à treize ans quand la mixité s'interrompt.

A Vitré, on a deux clubs de niveau national pour les garçons, on s'est dit : il faut faire quelque chose. En huit jours, on a monté une équipe féminine et trois mois après, on avait 45 filles inscrites. On a tout de suite eu la chance d'avoir des résultats puisqu'on a été en seizième de finale de France avec un stade plein ; 1600 personnes pour elles et Camille Abily comme marraine !

Le président a tout de suite adhéré et nous a donné les moyens nécessaires : accès aux bus, aux équipements, aux vestiaires, etc. Accès à la compétence aussi avec des entraîneurs diplômés. Pas de rivalité entre filles et garçons, ceux qui se déplacent le plus loin ont droit au mini-bus ! Pour les équipements, la dotation des garçons et celle des filles sont identiques.
Dès le début, avec les filles, on a essayé aussi de tout co-construire en les intégrant à la structure de réflexion, en les associant aux prises de décisions, en les formant, etc.

La deuxième année a été un peu plus compliquée. Les filles ont commencé à gêner. Pas les dirigeants, bien sûr, qui voyaient qu'elles apportaient beaucoup au club ! Nous avions de nouveaux bénévoles, de nouvelles compétences. La section féminine a aussi généré de nouvelles recettes ; certains sponsors viennent spécifiquement pour les filles. Mais les joueurs, eux, ont vu que les filles avaient de meilleurs résultats ; les services techniques sont devenus un peu réticents aussi... Il a fallu se battre.

Enfin, on a constaté autre chose. Les garçons, quand ils rentrent sur le terrain, font la tête ; ils n'ont plus cette joie de vivre qu'on trouve dans le football féminin ! Les filles sont militantes, elles ont envie et du coup, elles donnent envie à des bénévoles de venir prendre du plaisir avec elles. Certains entraîneurs qui s'étaient un peu perdus dans le projet masculin se sont dit : on va s'occuper des filles !

Ceux qui étaient encore dans un schéma de pensée « foot = sport de mecs » ont eu un peu de mal ; les filles sont en train de piller nos richesses, se disaient-ils. Mais finalement, tout le monde a compris qu'elles permettaient de conserver ces richesses et de régénérer l'ensemble du projet associatif. »

Pierrick Morin, football club la Vitréenne

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