Cognet

Si elle a tendance à s'enthousiasmer dès qu'elle parle d'aviron, c'est parce que Françoise Cognet replonge par la force des choses dans ses souvenirs. Peu avant notre entretien, elle revoyait des images en noir et blanc du temps où elle était elle-même barreuse.

Pourtant, cette femme pétillante avoue n'avoir jamais été vraiment sportive parce qu'elle était « trop petite ». Mais son père était président du club d'aviron alors forcément elle a ramé !

Et aujourd'hui, elle prend prétexte du 150ème anniversaire de la Société des Régates Rennaises pour présenter son travail photographique et proposer des lectures publiques dans le cadre des journées du mois de mars sport, culture : jouons l'égalité !

 

« Maintenant les bateaux de compétition sont en carbone, mais autrefois, ils étaient en acajou. Les rames sont très longues et il faut qu'elles entrent bien dans l'eau sans faire des gerbes d'eau» explique Françoise Cognet entre deux gorgées de café, s'étonnant que des années plus tard, il lui reste tant de connaissances sur l'aviron. C'est un peu de sa propre enfance qu'elle fait remonter à la surface avec l'exposition qu'elle propose du 1er au 18 mars à la Maison Internationale de Rennes. Une occasion aussi pour elle de rendre hommage à son père décédé voilà deux ans.

Pour encadrer la conférence de Jean-François Botrel le 16 mars sur le « droit de ramer pour les femmes depuis 1840 », Françoise Cognet expose ses propres photographies de sports d'eau. Une aubaine que cette thématique 2017 pour elle qui se trouve juste à la jonction entre sport et culture et qui explique : « je n'aime pas produire l'événement moi-même ; j'aime bien m'inscrire dans une démarche ».

Lire et ramer pour le plaisir

Françoise Cognet a trois domaines d'intervention : le théâtre, la communication et la formation. « D'où mon plaisir à parler ! » plaisante-t-elle. Cette passionnée de théâtre qui fit des études à Paris a longtemps enseigné la communication marketing et est désormais à la tête de sa propre structure, l'AgenZenCom avec laquelle elle cherche à valoriser des projets artistiques et culturels. « Parfois les idées peuvent germer en moi - dit-elle encore – mais après j'aime bien les partager. » Alors elle privilégie les collaborations notamment au sein du collectif Coll'Actif avec lequel elle était en résidence l'an dernier à l'AFPA durant le mois de mars.

Cognet2Cette année, c'est toute seule que Françoise Cognet s'inscrit dans la programmation des journées des droits des femmes. Avec l'exposition consacrée aux sports d'eau mais aussi une lecture publique de « petits textes simples et amusants sur l'eau, le sport, le canotage, bien sûr axés sur les femmes ». Ce sera le 16 mars en avant programme de la conférence de Jean-François Botrel.

Et avec une énergie qui semble inépuisable, Françoise Cognet est à l'initiative d'un mini-marathon sport et lecture au Jardin Saint-Georges le mercredi 8 mars. De 15h à 17h 30 non stop les participant-e-s seront invité-e-s à se relayer pour lire et ramer. « J'ai sélectionné des textes qui passeront de mains en mains – explique Françoise Cognet – pendant que d'autres personnes rameront librement sur les rameurs prêtés par la Société des Régates Rennaises. » Un rendez-vous « innovant » que l'organisatrice décrit comme « sans prétention » ; elle souhaite juste que les gens viennent « s'amuser dans un joli endroit » !

Geneviève ROY

Pour aller plus loin :
« A l'eau, elles rament encore » - Exposition photo du 1er au 17 mars de 14h30 à 18h à la Maison Internationale de Rennes, quai de Chateaubriand, avec une intervention le 3 mars à 18h de Catherine Barroy, rameuse de Saint-Malo qui viendra raconter sa traversée à la rame de l'Atlantique (de Dakar en Guyane)

« Jouons sportif et culturel » performance au Jardin Saint-Georges le mercredi 8 mars à partir de 15h

« Rid'eau » lecture publique par Françoise Cognet le 16 mars à 17h 15 suivi à 18h 30 de la conférence de Jean-François Botrel « La pratique féminine du sport à Rennes : la conquête du droit à ramer » à la MIR

 

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On reste en contact

Grâce à cette rubrique, retournons à la rencontre de femmes qui à un moment de leur parcours ont déjà croisé notre webmagazine depuis sa création en juin 2013...

 

Martha et les "enfants ACZA"

martha

 

Depuis sa création, Breizh Femmes s'intéresse au travail de Martha Diomandé et de son association ACZA qui milite contre l'excision. Pour elle, s'opposer à l'excision, c'est d'abord accompagner les matrones – les exciseuses - vers d'autres pratiques qui permettent de respecter les traditions et d'assurer la formation des petites filles tout en se débarrassant de l'acte mutilant. C'est aussi proposer à ces femmes de rester des membres reconnues de leurs communautés.

Grâce à des campagnes de formation et à la construction de cases de naissance, ACZA est présente dans une quinzaine de villages en Côte d'Ivoire où commence à grandir une nouvelle génération d'enfants qui ne seront jamais excisées et de femmes épanouies dans leur mission d'accoucheuses.

« On ne force personne à venir accoucher dans nos cases – explique Martha Diomandé qui a répondu à quelques questions – mais les femmes qui viennent savent que leur enfant ne pourra pas être excisée. C'est un acte de courage pour elles de s'afficher ainsi. Leurs enfants appartiennent en quelque sorte à l'association. On les appelle les "enfants ACZA" ».

Lire l'interview de Martha Diomandé

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