Très peu de sports sont mixtes. A plus forte raison des sports collectifs. Lors du débat organisé par Eva Queiroz le 4 mars, il a été question de deux disciplines encore assez confidentielles : le floorball et l'ultimate.

Toutes deux sont pratiquées à Rennes et c'est sans doute parce qu'elles sont peu connues qu'elles restent mixtes.

Même si l'avenir de cette particularité semble de plus en plus compromis.

 

Evaqueiroz

 

 Eva Quieroz a fait des études d'art du spectacle et est aujourd'hui animatrice pour une association d'éducation populaire. Fin 2014, elle a créé à Rennes une association parce qu'elle trouvait que le sport et la culture étaient « trop compartimentés » Avec l'Art peut être sport, elle veut « promouvoir la diversité artistique et sportive et faire des passerelles ».

Depuis deux ans, l'association a participé à plusieurs temps forts rennais, notamment la Caravane du Sport et les Quartiers d'été. Evidemment, la thématique des journées des droits des femmes 2017, sur l'égalité dans le sport et la culture, ne lui a pas échappée. Et c'est du côté de la mixité dans le sport qu'elle a choisi de porter son regard. « La mixité peut être une manière de repenser le rapport hommes/femmes » soutient la présidente de l'association.

Plus de compétitions, moins de femmes

Deux sports ont donc retenu l'attention d'Eva : l'ultimate et le floorball. Le premier apparu aux Etats-Unis dans les années 60 a fait son entrée en France au début des années 90. Le club de Rennes était représenté au débat par Cyril, son président, et Katia, une joueuse de l'équipe. Le floorball, lui, sport de la famille du hockey, existe en France depuis 2002. Tous deux sont des sports mixtes depuis leur création. Pourtant, les choses pourraient être en train de changer.

« L'évolution du floorball – explique Eva se faisant la voix du club de Rennes tend à scinder les hommes et les femmes. Les championnats deviennent non mixtes et les femmes depuis peu ne peuvent plus participer aux matches de première division ». On n'en est pas encore là dans l'ultimate, même si le président du club rennais reconnaît que « dans les premières divisions, il n'y a plus beaucoup de femmes » et que pour les sélections des championnats, les « femmes sont souvent mises de côté ». Plus on monte dans les compétitions, moins on trouve de femmes dans les équipes mixtes.

 

mixite

Un sport en effet peut être dit mixte sans qu'il soit nécessaire d'avoir autant de joueurs que de joueuses dans une équipe. D'ailleurs, l'ultimate de Rennes n'a jamais compté plus de dix joueuses et pourtant trois équipes existent. « On dit souvent que c'est un sport de hippies – précise Cyril – parce qu'il a été créé dans les années soixante et qu'il véhicule des valeurs fortes comme la mixité mais aussi l'auto-arbitrage ou le fair-play »

La peur de ne pas être à la hauteur

Malgré une « dimension assez athlétique » l'ultimate est un sport sans contact ce qui facilite la mixité. « Je ne me verrais pas faire du hand en mixte » affirme encore Cyril qui estime toutefois que d'autres sports pourraient tenter la mixité, le volley notamment. Pour lui, c'est un atout et il regrette que trop peu de femmes n'osent le pratiquer. En même temps, quand on s'appelle Mister Friz on n'attire peut-être pas les jeunes filles !

Moins nombreuses que les hommes dans les sports collectifs de façon générale, les femmes sont aussi moins attirées par la compétition. « Il faut beaucoup de temps pour les amener à la compétition – déplore le président du club rennais – elles ont peur de ne pas satisfaire les attentes de l'équipe, de ne pas être à la hauteur ». Jusqu'au jour, dit-il, où elles se lancent et découvrent qu'un championnat, même régional, est beaucoup plus motivant que de simples entraînements !

Katia, quant à elle, souligne aussi que les femmes ont plus de mal à trouver du temps pour une activité physique. Elle-même a dû interrompre ses entraînements pour devenir maman et reconnaît que « revenir ensuite et retrouver le niveau qu'on avait avant » est difficile et procure souvent des frustrations. « Ça demande beaucoup d'investissement et de motivation » dit-elle. Une inégalité supplémentaire dans des équipes mixtes où les garçons, eux, ne cessent de s'entraîner !

Geneviève ROY

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Grâce à cette rubrique, retournons à la rencontre de femmes qui à un moment de leur parcours ont déjà croisé notre webmagazine depuis sa création en juin 2013...

 

Martha et les "enfants ACZA"

martha

 

Depuis sa création, Breizh Femmes s'intéresse au travail de Martha Diomandé et de son association ACZA qui milite contre l'excision. Pour elle, s'opposer à l'excision, c'est d'abord accompagner les matrones – les exciseuses - vers d'autres pratiques qui permettent de respecter les traditions et d'assurer la formation des petites filles tout en se débarrassant de l'acte mutilant. C'est aussi proposer à ces femmes de rester des membres reconnues de leurs communautés.

Grâce à des campagnes de formation et à la construction de cases de naissance, ACZA est présente dans une quinzaine de villages en Côte d'Ivoire où commence à grandir une nouvelle génération d'enfants qui ne seront jamais excisées et de femmes épanouies dans leur mission d'accoucheuses.

« On ne force personne à venir accoucher dans nos cases – explique Martha Diomandé qui a répondu à quelques questions – mais les femmes qui viennent savent que leur enfant ne pourra pas être excisée. C'est un acte de courage pour elles de s'afficher ainsi. Leurs enfants appartiennent en quelque sorte à l'association. On les appelle les "enfants ACZA" ».

Lire l'interview de Martha Diomandé

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