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Il y a deux façons de comprendre le titre : Pourquoi pas nous ? La première parle d'inégalités : « pourquoi n'y avons-nous pas droit ? ». La seconde parle d'une certaine émancipation : « pourquoi ne le ferions-nous pas nous aussi ? »

Et c'est bien tout cela qu'on trouve au cœur de deux courts-métrages réalisés par des élèves du lycée professionnel Coëtlogon.

Leur projection fit l'objet du premier rendez-vous des Mardis de l'Egalité de cette nouvelle saison proposée par Rennes 2.

 

Lorsque Danièle Penfornis évoque l'origine du projet elle parle de « la chance de partager certaines discussions » avec les élèves du lycée de Rennes où elle exerce en sa qualité de CPE. Une chance pour elle d'être au plus près des préoccupations de ces lycéen.nes mais aussi une chance pour les élèves d'avoir trouvé une oreille attentive.

Tout débute un jour de mars quand une affiche annonçant la journée internationale des droits des femmes suscite débat et controverse au sein de l'établissement. La CPE fait le constat que des élèves de différentes filières (électricité, aide à la personne, imprimerie, etc.) , qui ne se connaissent pas, ont les mêmes envies d'aborder les questions d'égalité. Elle y voit une occasion de mener un projet collectif. « Même au lycée, les formations sont genrées – reconnaît-elle – les élèves des différents domaines ne se fréquentent pas et ont souvent des préjugés les un.es sur les autres. Je trouve intéressant, dans ma fonction, de les amener à se rencontrer et à dépasser ces préjugés ».

Au lycée même le samedi

Si le groupe n'est d'abord constitué que de filles, bientôt elles entraînent des garçons avec elles, ce qui, précise Danièle Penfornis, « a enrichi les échanges ». Entré.es en relation avec deux associations partenaires, Zéro de Conduite et le Relais SEA35, les adolescent.es prennent bientôt l'habitude de se retrouver régulièrement malgré des emplois du temps différents et chronophages notamment lorsqu'ils et elles sont en stage en entreprises.

mardiegalite2Jeanne Maillot, alors éducatrice au Relais qui a encadré le projet avec son collègue Alexis Sochon, témoigne avec humour de ces élèves tellement motivé.es qu'ils et elles n'hésitaient pas à revenir au lycée le samedi ou parfois durant des vacances.

Leur objectif a été clair dès le début ; c'est le tournage d'un film qui leur permettra de détricoter les stéréotypes à dénoncer, non seulement les inégalités entre les filles et les garçons, mais aussi les préjugés entre filles portant sur l'endroit d'où l'on vient, « le quartier ou la campagne ».

Et comme leur sujet est vaste et que leur motivation est forte, ce sont même deux courts-métrages qui seront réalisés, d'une part un film de fiction et d'autre part un documentaire où chacun.e pourra exprimer ses propres pensées. Au passage, les adolescent.es se frotteront à la prise d'images, la prise de son, l'écriture d'un scénario et bien sûr le jeu puisqu'il faut se répartir des deux côtés de la caméra.

L'égalité, un apprentissage

Invitée à commenter cette initiative lors de la projection des films au Tambour pour le premier Mardi de l'Egalité de la saison 2021/2022, Geneviève Letourneux, conseillère municipale de Rennes en charge notamment des droits des femmes, a rappelé que l'égalité était avant tout un long parcours d'apprentissage.

« Ça nécessite – a-t-elle précisé – d'avoir un regard critique sur le monde qui nous entoure et souvent banalise les inégalités. Les choses se sèment, on crée les conditions pour la réflexion puis ça nous échappe ; c'est important de savoir que ce n'est pas une évidence mais une construction qui passe par le questionnement. »

coetlogonLes représentations des jeunes ont-elles changé au cours du projet ? Difficile à dire alors que la crise sanitaire a empêché jusqu'à maintenant une large diffusion des films et que certain.es élèves ont désormais quitter le lycée. Orphée et Amandine, deux des jeunes réalisatrices, assurent qu'elles pensaient « déjà comme ça avant » mais l'une d'elle précise : « ça m'a permis de développer mes idées ; discuter avec les autres m'a fait voir que tout le monde n'avait pas la même vision ».

Leur souhait le plus cher, en tout cas, est que leur travail serve à ouvrir la discussion avec d'autres jeunes, en milieu scolaire ou ailleurs. Ce que Geneviève Letourneux résume ainsi : « c'est un projet qui va donner lieu à d'autres projets et qui va trouver des résonances complémentaires ».

Geneviève ROY

On peut visionner les films « Pourquoi pas nous ? » et revoir les échanges du Mardi de l'Egalité du 28 septembre sur le site de l'université Rennes 2, l'Aire d'U

Les prochains rendez-vous des Mardis de l'Egalité :
De l'école au musée : les carrières sous tension des artistes femmes le 5 octobre à 18h (en ligne)
Plafond de verre et travail invisible : luttes multiples pour l'égalité femmes/hommes au travail le 19 octobre à 17h 30 au Tambour
Réservations en ligne : ici

 

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Genres, transgenres et mauvais genres

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L'association MOTS POUR MOTS et votre webmagazine Breizh Femmes organisent cette année encore un concours d'écriture.

Pour cette  sixième édition c'est le thème "genres, transgenres et mauvais genres" qui a été retenu par le jury autour de l'autrice Anne Lecourt. 

Les textes d'un maximum de 15000 signes sont à envoyer  au plus tard le 8 novembre.

Ceux que le jury retiendra feront l'objet d'une publication web au printemps 2022 et des lectures publiques pourront également être organisées.

Pour en savoir plus : lire le règlement.