Depuis près de vingt ans, l'association Comptoir du Doc propose chaque mois de mars à Rennes une programmation particulière intitulée Docs au Féminin..

Pour l'édition 2022, les rendez-vous d'ordinaire donnés aux Champs Libres se délocalisent vers d'autres partenaires.

La saison était lancée au FRAC le 6 mars avec le documentaire désormais célèbre de Delphine Seyrig qui donne la parole à des actrices des années 70. Un bon tremplin pour s'intéresser au couple femme et cinéma.

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L'association rennaise Comptoir du Doc s'est donné pour objectif de partager des documentaires et de susciter la rencontre entre réalisateur.trice et public. Des groupes de programmation permettent aux adhérent.es eux.elles-mêmes de choisir les films qui sont projetés tout au long de l'année. Sur le site de l'association, les chiffres donnent une image du dynamisme de l'association : « une centaine de séances, une vingtaine d’ateliers, des dizaines de cinéastes ou autres professionnels accueillis, une soixantaine de lieux et autant de partenaires, 10 à 15 000 spectateurs par saison » !

Et si les femmes passaient derrière la caméra ?

Le printemps s'ouvre traditionnellement par la programmation Docs au Féminin au cœur du mois de mars. L'occasion pour Natalià Gomez, responsable de la programmation, et les adhérent.es concerné.es de construire un programme centré sur les droits des femmes et les logiques de domination liées au genre. Même s'il ne s'agit pas forcément, précise-t-elle, « de ne choisir que des films réalisés par des femmes » il se trouve que depuis deux ans c'est le cas. Ainsi, des quatre films projetés les 12 et 13 mars aux Champs Libres, mais aussi de ceux qu'on pourra voir « hors les murs » au Frac, au Tambour ou au café La Part des Anges.

Le 6 mars, c'est par un partenariat nouveau autour de la danseuse et performeuse Latifa Laâbissi que s'est ouverte cette saison 2022 au Frac, fonds régional d'art contemporain. Profitant de l'exposition qu'elle partage avec une autre plasticienne Manon De Boer, l'artiste avait eu carte blanche pour une programmation de mars à mai Les films qui nous regardent.

Devant la caméra de Delphine Seyrig, ce sont vingt-quatre actrices françaises et nord-américaines qui viennent exprimer leur vision d'un cinéma des années 70 qui laisse peu de place aux femmes. En réponse aux questions de la réalisatrice, elle-même comédienne, elles disent surtout leurs souffrances dans ce monde d'hommes où les actrices sont priées d'être jolies et d'obéir, jouant tour à tour des rôles d'ingénues et d'épouses acariatres. Au fil de leurs confidences on voit pointer les questions qui peut-être pourraient changer les choses : et si les femmes écrivaient leurs propres rôles ? Et si les femmes se mettaient elles-mêmes à la mise en scène ?

Des films de femmes qui parlent à tout public

Cinquante ans plus tard, les chiffres sont là pour dire que des choses ont effectivement bougé. « Si dans le cinéma en général, les femmes ont une place encore réduite, ce n'est pas vrai dans le documentaire – confie Natalià Gomez – où il y a plus de réalisatrices que de réalisateurs. » Peut-être faut-il y voir juste le fait que ce sont généralement des films avec des budgets inférieurs aux films de fiction, en tout cas on peut se réjouir que les femmes s'emparent de ce mode d'expression. Et la diversité de la programmation de Docs au Féminin montre que leurs talents sont multiples.

Docs au Féminin entend sensibiliser un public le plus large possible à cette forme artistique qu'est le film documentaire. Le 10 mars au Tambour, la projection du film Nuances du Gris de Maëlie Guillerm, en présence de la réalisatrice, sera suivie d'une rencontre avec Reine Prat, autrice de deux rapports ministériels sur l'égalité femmes/hommes dans les arts du spectacle, en partenariat avec HF Bretagne. Le 12 au café la Part des Anges, c'est le féminisme militant breton qui sera mis à l'honneur avec la projection de deux courts métrages issus d'ateliers de création audiovisuelle (ACAV) en lien avec le Planning Familial et la Cinémathèque de Bretagne.

Pour Natalià Gomez, les films retenus cette année autour notamment des thèmes de la maternité et du rapport mère/fils « sont assez parlants pour tout le monde ». Elle se réjouit qu'une fois encore Docs au Féminin puisse proposer des rencontres avec (presque) toutes les réalisatrices. Zoé Chantre viendra échanger avec le public sur son film Le Poireau Perpétuel, Eliane Raheb, retenue au Liban, ne sera pas là pour parler de Miguel's War mais présente tout de même par écran interposé ; Nikola Ilic et Corina Schwingruber Ilic participeront à un temps d'échange suite à la projection de Dida. Bernadette Tuza-Ritter réalisatrice de A Woman Captured sera absente, remplacée par la productrice du film.

Quant à la séance réservée aux scolaires, le vendredi 11 après-midi, elle a été conçue par un groupe de femmes en reprise d'études du centre PRISME et proposera aux lycéen.nes présent.es le film En Terrain Libre. Ce sera aussi l'occasion de restituer le travail d'un atelier de création radio sur l'égalité femmes/hommes dans l'espace public. Autant de rendez-vous pour permettre à chacun de questionner ses représentations.

Geneviève ROY

Pour aller plus loin :
Jeudi 10 mars
18h – Le Tambour – Nuances du Gris film de Maëlie Guillerm
19h – Rencontre avec Reine Prat, autrice du livre Exploser le plafond

Vendredi 11 mars
14h – Auditorium des Champs Libres – séance scolaire

Samedi 12 mars
14h 15 - Auditorium des Champs Libres - Le Poireau Perpétuel de Zoé Chantre
16h 30 - Auditorium des Champs Libres – A Woman Captured de Bernadette Tuza-Ritter
19h – La Part des Anges – Si ça continue faudra qu'ça cesse et Clito va bien

Dimanche 13 mars
14h 15 - Auditorium des Champs Libres – Dida de Nikola Ilic et Corina Schwingruber Ilic
16h 15 - Auditorium des Champs Libres – Miguel's War de Eliane Raheb

Toutes les projections sont gratuites

 

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Contribution

DSCN8131Emily Busby est une jeune Américaine de l'école SYA de Rennes.

Pour sa fin de scolarité elle devait rendre un travail en français et a choisi de rencontrer des femmes créatrices d'entreprises.

Breizh Femmes a accepté de publier son article.


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