Dénoncer les inégalités femmes/hommes, voilà un des piliers du CRIDEV. Aussi l'association a-t-elle toute sa place dans la programmation du mois de mars.

En partenariat avec Rennes Métropole, pour cette édition 2022, l'association propose trois rendez-vous.

Atelier causerie, spectacle, temps d'échanges... sur le mode de l'éducation populaire, le public est invité à une participation active.

logocridev

 

 

Entretien avec Emmanuelle Auger, formatrice

Qu'est-ce que le CRIDEV ?

Le CRIDEV est une association créée en 1974 par des militant.es rennais.es étudiant.es en agronomie qui voulaient dénoncer l'apartheid en Afrique du Sud. L'association est rapidement devenue un centre de documentation altermondialiste puis le projet associatif a évolué, notamment avec l'arrivée d'internet et des Champs Libres, pour devenir un centre de ressources.
Aujourd'hui, le CRIDEV se définit comme centre de ressources et d'interpellation pour un monde sans rapport de domination. C'est une association d'éducation populaire politique qui travaille autour de trois grands systèmes de domination : le capitalisme, le patriarcat et le néo-colonialisme ; trois systèmes qui s'entremêlent et sont liés à plein d'endroits.
Nos permanences, trois jours par semaine, accueillent tout type de public. Les demandes peuvent être liées à des questions de discrimination subie ou d'oppression subie mais aussi de mobilité internationale ; soit on accompagne les gens soit on les réoriente.
Nous proposons aussi de la formation sur les sujets de discrimination sexiste ou multifactorielle, de migration, etc. en direction de plusieurs publics notamment des jeunes en service civique mais également des structures associatives, des agent.es de collectivités, ou dans les universités, les collèges et les lycées.
Nous assurons enfin un soutien à des associations ou des collectifs qui désirent être accompagnés à la vie associative pour se créer, s'organiser, faire leurs statuts, etc. mais aussi du soutien à des collectifs de personnes qui subissent des oppressions et qui ont besoin d'un local, d'une boite aux lettres ou d'accompagnement pédagogique pour s'organiser ensemble. On a aussi une action de plaidoyers et d'interpellation qu'on fait un peu en filigrane soit par nos communications, soit par nos rendez-vous avec des institutionnels ou la signature de pétitions.

justeunefemmeQuelle place occupent les questions des droits des femmes ?

Nous travaillons les questions d'inégalité femmes/hommes depuis six ans ; auparavant elles étaient englobées dans nos missions de solidarité et de droits internationaux. Cette thématique nous est apparue nécessaire au regard de la société dans laquelle nous sommes. C'est un axe de plus en plus fort dans notre travail.

Une de vos propositions et notamment en ce mois de mars 2022, sont les ateliers causerie ?

Effectivement, nous proposons des ateliers causerie, ouverts à tous et toutes ; ce sont des ateliers d'éducation populaire collectifs, comme celui qui aura lieu le 30 mars sur le sexisme. Autour des thématiques liées aux questions de domination capitaliste, néo-coloniale et patriarcale, nous mettons en place non pas un savoir descendant mais des temps pour créer de l'intelligence collective, proposer des cadres, des manières de s'exprimer, libérer la parole et travailler des sujets collectivement.
Le 30 mars, nous proposons une causerie ouverte au grand public suite à un chantier de travail que nous avons mené au sein du CRIDEV pendant près de deux ans sur les questions de sexisme dans le milieu professionnel et/ou le milieu militant et associatif. Nous nous sommes réunies régulièrement entre femmes pour nous raconter des expériences sexistes vécues puis nous sommes passées à l'écrit ; enfin nous avons imaginé des stratégies collectives de lutte. Tout ce travail a abouti à l'élaboration d'un livret. Ce n'est pas du tout exhaustif, c'est plutôt un livret qui permet de se redonner du pouvoir et de voir que ces situations-là sont bien systémiques et structurelles. L'idée de la causerie c'est de partir de cet outil-là et de le partager pour libérer la parole de personnes qui ont vécu ou qui vivent des situations de sexisme et de se donner du pouvoir collectivement par rapport à ces situations et aux stratégies de lutte à imaginer.

Quels autres événements proposez-vous pour ce mois de mars ?

Nous avons deux autres rendez-vous en ce mois de mars. Notre salle de spectacle étant assez réduite, nous avons fait le choix d'événements plutôt intimistes constitués d'un spectacle suivi d'un temps d'échange avec le public. Ça nous paraît important d'aider à libérer la parole et ça permet d'aller plus loin encore que les spectacles présentés et de prendre conscience de certaines choses.

La logeNous recevrons donc le 15 mars Aurélie Budor avec son spectacle « Juste une femme » qu'elle a déjà présenté chez nous et qui avait eu un bon accueil. Et nous commencerons le 11 mars avec La loge, monologue en un acte de Shirley Van Mac Beal. C'est un spectacle qui donne la parole à un homme qui a subi un certain nombre d'oppressions au regard de son orientation sexuelle mais également parce que, adolescent, il a été travailleur du sexe et qui raconte comment il est entré dans le milieu « travelo » - c'est comme ça qu'il le nomme - et dans le milieu cabaret. C'est vraiment son parcours raconté avec énormément d'humour ; ça passe par plein d'émotions : l'humour, la tristesse, la surprise, l'étonnement... ça nous correspond assez parce que justement une des manières de travailler au CRIDEV et dans l'éducation populaire politique c'est bien de partir des vécus ; un vécu c'est indiscutable, ça ne fait pas polémique et c'est très puissant comme message.

Propos recueillis par Geneviève ROY

Pour aller plus loin :

le 11 mars de 18h 30 à 21h – La loge
le 15 mars de 16h à 18h – Juste une femme
le 30 mars de 18h 30 à 21h – Sexisme en milieu professionnel et militant, quelles résistances ordinaires ?

Le Cridev - 41 avenue Janvier à Rennes – métro Charles de Gaulle ou Gares – Plus de renseignements et inscriptions pour les spectacles sur le site cridev.org et sur la page facebook

 

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Contribution

DSCN8131Emily Busby est une jeune Américaine de l'école SYA de Rennes.

Pour sa fin de scolarité elle devait rendre un travail en français et a choisi de rencontrer des femmes créatrices d'entreprises.

Breizh Femmes a accepté de publier son article.


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