Marie Cecile1Elle appelle ça son « effet confinement ». Quand Marie-Cécile Penvern se lance dans l'aventure du podcast nous sommes au printemps 2020, en pleine pandémie de covid.

Curieuse de l'actualité, elle découvre ces nouveaux modes d'information audio et se rêve tout de suite derrière un micro. Pas vraiment militante, mais très attentive à ce que vivent les femmes, elle choisit son sujet : les Bretonnes.

Elles en Bretagne est né !

 

« Je cherchais une alternative aux médias traditionnels » se souvient aujourd'hui Marie-Cécile Penvern. En plein confinement, lassée des nouvelles alarmistes diffusées en boucle et parce qu'elle « aime bien comprendre ce qui se passe », elle navigue à la recherche « d'autres façons d'écouter l'actualité ». « Petit à petit, j'ai basculé sur les podcasts – dit-elle – et ça a été une révélation ».

Elle l'avait alors oublié, mais lui revient en mémoire cette période de sa jeunesse, dans les années 1985/1990 où, avec son frère, elle animait des émissions de variétés ou de cinéma sur les radios libres à Lorient d'abord puis à Caen. Une petite formation en ligne pour l'aspect technique et la voilà lancée. « Je franchissais petit à petit les différentes étapes et je me disais, maintenant que je suis là, je continue ! »

Son sujet sera les femmes dont elle estime qu'elles ont été et sont encore aujourd'hui « trop souvent invisibles » ; « mon credo ce sont les femmes – dit-elle – il ne faut pas oublier que sur terre, un humain sur deux est une femme et quand on regarde la géopolitique aujourd'hui on ne voit que des hommes ! »

« Mon podcast est la forme que prend mon féminisme.

La sororité, c'est tellement important ! »

Marie-Cécile Penvern regrette que les femmes ne soient pas davantage « éduquées à se mettre en avant, à s'affirmer, à prendre leur place » ; elle déplore cette « humilité et cette réserve » dont la plupart font preuve. Alors, elle a choisi de leur donner cette place et de les mettre en avant. Depuis cinq ans, ce sont soixante-douze rencontres et autant d'épisodes du podcast Elles en Bretagne qu'elle a réalisés dans cet esprit. « Je considère – déclare-t-elle – que mon podcast est la forme que prend mon féminisme. La sororité, c'est tellement important ! »

Débuté à Brest, le podcast s'est depuis délocalisé à Rennes où Marie-Cécile habite depuis l'automne 2024. Mais pas de frontières pour ses interviews, ce sont toutes les Bretonnes qui l'intéressent, celles qui sont en Bretagne, celles qui en sont parties et même celles qui s'y sont installées et sont ainsi devenues Bretonnes. Ses engagements contre le système « patriarcal et capitaliste » et pour la défense de l'écologie alimentent les choix de ses invitées.

Marie Cecile2Elle se dit fière notamment de sa rencontre avec Valérie Masson-Delmotte, climatologue qui fut membre du GIEC et désignée parmi les cent personnes les plus influentes du monde par Times Magazine. Elle se réjouit également d'avoir mis en lumière les engagements de Nolwen Febvre avec ses P'tits Doudous ou de Tiphaine Turluche, reconvertie dans la culture des fleurs. « Il y en aurait plein d'autres » s'enthousiasme Marie-Cécile qui ne cache pas le plaisir qu'elle prend à dénicher des femmes toujours plus inspirantes.

Il y a aussi celles, comme Enora Malagré ou Marine Baousson, qu'elle a pu rencontrer en marge d'événements publics. Et celles qui la font rêver mais qui pour l'instant n'ont pas réussi à lui faire une petite place dans des agendas chargés : « Julie Gayet, j'aime bien son féminisme ou la comédienne Lucie Lucas, très engagée pour l'écologie ou encore Inès Léraud » énumère Marie-Cécile, rêveuse.

« Ce qui me plaît dans ce projet

c'est que c'est moi qui le gère,

je fais ce que je veux et tout est possible ! »

Chaque épisode dure entre trente et cinquante minutes et Marie-Cécile en diffuse un toutes les trois semaines. Celles et ceux qui l'écoutent sont principalement des femmes (deux sur trois) de 25 à 45/50 ans, habitantes surtout de la Bretagne mais aussi de Paris et du reste de la France voire un peu de l'étranger.

Pas de modèle économique viable pour ce type de médias, hélas ! Marie-Cécile doit donc poursuivre son activité professionnelle. Pourtant, dans l'euphorie de la création, elle s'est « offert » une petite année en off pour installer et développer son projet. Depuis sa reprise de travail, c'est devenu son « hobby » ; « il y a des gens qui ont un bateau, moi j'ai mon podcast » dit-elle dans un rire, heureuse de pouvoir revendiquer son « indépendance ».

« Ce qui me plaît dans ce projet – avoue-t-elle – c'est que c'est moi qui le gère, je fais ce que je veux et tout est possible ! » Une façon aussi pour elle de dépasser ce qui la touche et la révolte dans la société : la « guerre des ego » de tous ces hommes qui dirigent le monde et les enjeux climatiques qui ne semblent pas assez pris au sérieux. Ce qu'elle essaie de mettre en avant, c'est ce qui, elle, la fait vibrer : le relationnel, les échanges, le contact... « l'humain, ça n'a pas de prix ! » dit-elle.

Geneviève ROY

Pour aller plus loin : découvrez le podcast de Marie-Cécile Penvern, Elles en Bretagne, diffusé en accès libre sur toutes les plate-formes.