Dans la petite bouteille d'Ibahis se concentrent à la fois la tradition et la modernité, le retour aux origines et l'envie de répondre aux attentes d'aujourd'hui : commerce équitable, alimentation saine, développement durable, économie locale.

Pour Fatimata Hamey et sa fille Rabaha Cosson Warou, c'est aussi le début d'une aventure entrepreneuriale. C'est enfin un rêve : celui qu'une boisson familiale, à base d'hibiscus, devienne « la nouvelle spécialité de Bretagne » et l'occasion de valoriser leur quartier de Villejean à Rennes.

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Lancée depuis moins de deux ans, la société Wacos est actuellement hébergée dans les locaux du CAQ Kennedy. Ce centre d'affaires de quartier est une structure de Rennes Métropole destinée à épauler les nouvelles entreprises ; « ça nous permet – détaille Fatimata Hamey – d'avoir notre premier bureau et d'expérimenter nos produits tout en payant un loyer moins cher ».

Pour la récente directrice générale de la jeune société Wacos, son produit phare la boisson Ibahis, représente la joie de la transmission et un défi motivant. « C'est ma fille qui a eu l'idée de créer l'entreprise – dit-elle – et elle m'a demandé d'être directrice. Moi qui adore prendre des risques, je n'ai pas hésité. Ce poste correspond bien à mes compétences et à ma personnalité ».

ibahis2Et en attendant que Rabaha quitte Paris, où elle occupe dans une banque les fonctions de conseillère financière d'entreprises, pour revenir travailler à Rennes, Fatimata jongle entre son association MATA, ses voyages au Niger, la garde de ses trois petits-enfants et le lancement d'Ibahis. « On peut tout faire, il faut juste s'organiser » plaisante-t-elle, son petit-fils sur les genoux.

« Dans les supermarchés, ça ferait un carton ! »

Les petites bouteilles alignées sur l'étagère du bureau de Fatimata, c'est une partie de son histoire familiale. « C'est une boisson que nous faisait notre grand-mère puis notre mère » se souvient-elle.

Et pour ses enfants, ce fut la boisson des vacances en Afrique et celle qu'on partageait avec les copains et copines, ici, dans ce quartier de Villejean, à Rennes. « Ma fille disait toujours : si on pouvait trouver cette boisson dans les supermarchés, ça ferait un carton ! »

Ensemble, elles ont travaillé la recette, allégé la teneur en sucre, puis confié le tout à un laboratoire qui a élaboré la formule finale aujourd'hui fabriquée dans une entreprise de Bressuire dans les Deux-Sèvres. Une boisson que Fatimata revendique comme « 100% française, 100% naturelle, sans additif ni colorant ».

Ce qui donne à Ibahis sa jolie couleur rubis c'est la plante qui la compose : l'hibiscus. Culture traditionnelle de l'Afrique et notamment du Niger, pays d'origine de Fatimata, l'hibiscus utilisé par Wacos est produit par des femmes de la région de Niamey. « C'est une plante sauvage là-bas – explique Fatimata – on commence juste à la cultiver. Les agricultrices qui nous la vendent sont regroupées dans une coopérative de femmes et pratiquent la culture biologique. » Celle qui a créé l'association MATA pour défendre les droits des femmes nigériennes se réjouit de pouvoir, par l'intermédiaire de son entreprise, leur apporter une aide concrète.

« Si Ibahis marche, ce sera la réussite de tout le quartier »

Désormais le défi pour Fatimata et Rabaha est de faire connaître Ibahis, cette petite boisson « deux fois moins sucrée » disent-elles, qu'un soda ordinaire et qu'elles verraient bien prendre toute la place dans les réfrigérateurs et sur les tables rennaises. « Ça se boit frais, ça pétille ; c'est un peu notre champagne rennais » s'amuse Fatimata qui rêve de la voir devenir « une spécialité régionale ». « J'aimerais bien – dit-elle dans un rire – qu'un jour quand quelqu'un dira qu'il est allé à Rennes, on lui demande : as-tu bu Ibahis ? »

ibahis3Car elle est fière, la souriante directrice de Wacos, de son ancrage au cœur du quartier de Villejean. « Moi, je suis Villejeannaise - dit-elle – j'ai grandi ici ! » Arrivée en 1989 comme étudiante, elle vit toujours dans ce quartier plus de trente ans plus tard et se félicite d'y avoir fondé sa famille.

« Villejean, c'est un quartier prioritaire, mais c'est un quartier très riche ; on pense qu'il n'y a que des problèmes ici, mais ce n'est pas vrai – analyse-t-elle – je me suis enrichie de la diversité qui compose ce quartier, je me suis formée par la rencontre. Et c'est important pour moi de dire qu'ici il y a de belles choses ! Mes enfants ont grandi ici et ils ont réussi leurs vies ; aujourd'hui ma fille est banquière, j'ai un fils qui est chef d'entreprise et un autre qui est informaticien. Et si Ibahis marche, ce sera aussi la réussite de tout le quartier ! »

D'ailleurs, elle a monté un dossier pour participer aux Talents des Cités et attend avec fébrilité le courrier qui lui assurerait un début de reconnaissance. « Ce serait un honneur pour nous d'être invitées à l'Assemblée Nationale avec tous nos proches – dit-elle – Si je gagne, je veux être l'ambassadrice des quartiers et former des jeunes d'ici à l'entrepreneuriat ».

Geneviève ROY

photo 1 : Arnaud Nicolas

Pour goûter Ibahis, on peut s'adresser à l'accueil de la Maison de Quartier de Villejean ou appeler Fatimata au 06 42 99 15 15 ; on trouve également la boisson dans certaines épiceries exotiques de Rennes et en ligne sur le site de Wacos : www.ibahis.fr

 

 

 

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Genres, transgenres et mauvais genres

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L'association MOTS POUR MOTS et votre webmagazine Breizh Femmes organisent cette année encore un concours d'écriture.

Pour cette  sixième édition c'est le thème "genres, transgenres et mauvais genres" qui a été retenu par le jury autour de l'autrice Anne Lecourt. 

Les textes d'un maximum de 15000 signes sont à envoyer  au plus tard le 8 novembre.

Ceux que le jury retiendra feront l'objet d'une publication web au printemps 2022 et des lectures publiques pourront également être organisées.

Pour en savoir plus : lire le règlement.